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La Paix des ruches

Auteur·trice
Alice Rivaz
Éditeur
LUF, Paris Fribourg
Format
12 x 18,5 cm
Nombre de pages
153
Date de parution
1947
La Paix des ruches

En 1947, soit deux ans avant Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, avant les romans féministes de la seconde moitié du XXe siècle, paraissait La Paix des ruches.

Jeanne Bornand, la protagoniste du roman, écrit son journal et se rend à l’évidence, son mariage est un échec.

Je crois que je n’aime plus mon mari,

s’exclame-t-elle d’entrée de jeu.

L’évocation lucide des sentiments qu’elle éprouve, la pertinence et la subtilité des réflexions qui l’assaillent donnent à ses propos une dimension qui dépasse le cadre personnel pour toucher à la condition féminine tout entière. Au travers des personnages secondaires, le roman met en scène différentes relations amoureuses. Clara, Elisabeth, Marguerite et Sylvia vivent toutes des amours malheureuses. Rivales et confrontées à des destinées qui les flouent, elles se retrouvent pourtant « sœurs » face aux difficultés de l’amour.

Malgré l’insignifiance des personnages masculins, voire leur absence, qui renforce encore le sentiment d’un monde à dominance féminine où la solidarité n’est pas un vain mot, les femmes ne sont pas les seules victimes de la vie conjugale : Philippe, Pierre, Eric, Chaumont, Stéphane traversent le roman en ombres inconsistantes. Seul Etienne Dechamp, personnage plus incarné, semble nouer une relation plus vivante qui amène Jeanne à prendre conscience d’une certaine complexité des relations :

Ainsi, pour la première fois avais-je vis-à-vis de moi un homme conscient de la tragédie du couple.

La fin du roman s’ouvre sur une interrogation fondamentale. L’amour dont rêve l’héroïne peut-il voir le jour ? La citation de Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, au cœur du roman, semble donner une réponse :

Cet amour [sera] d’essence plus humaine… ne laissera pas de ressembler à cet autre amour que nos efforts préparent et qui est ceci : vivre comme deux solitudes qui mutuellement se protègent, s’entre-limitent et se saluent.

 

Revue de presse de la réédition de 2022 :